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FASO
09 septembre 2026

RESALT : la génétique ouvre de nouvelles voies contre les altises du colza

RESALT fait émerger de nouvelles pistes pour renforcer la tolérance du colza face aux altises. Le projet identifie déjà 14 variétés à bon comportement et des sources de résistance chez des espèces apparentées au colza.

Le projet RESALT incarne le volet « création de ressources génétiques » du plan de sortie du phosmet. Rien d’étonnant qu’au moment de la restitution des travaux du plan, le 24 mars à Paris, il s’impose parmi les axes de recherche les plus prometteurs.

Pendant quatre ans, le programme RESALT identifie les bases génétiques nécessaires aux obtenteurs pour construire des variétés plus résistantes. Mission réussie et même amenée à se prolonger. Les travaux portent à la fois sur du matériel élite de colza et sur des espèces apparentées du genre Brassica, afin d’élargir les sources de tolérance aux altises mobilisables en sélection variétale.

 

Quel est le périmètre de RESALT ?

Lancé en 2022 dans le cadre du Plan de sortie du Phosmet, le programme RESALT réunit un large consortium de 13 partenaires de la recherche publique et privée. Ainsi, il associe l’INRAE, Terres Inovia, Innolea et dix obtenteurs engagés directement dans les essais. Programmé sur quatre ans, RESALT s’est achevé en juin 2026.

Quelles bases scientifiques RESALT pose-t-il ?

Les premiers travaux portaient sur la mise au point d’outils d’évaluation de la résistance des variétés de colza aux dégâts des adultes d’altises sur feuille et ceux des larves. Ces méthodes s’appliquent à la fois en conditions contrôlées et au champ. Les observations alimentent une base commune aux obtenteurs. Ensuite, celle-ci sert à orienter la sélection variétale.

Quels sont les résultats sur le matériel élite de colza ?

Grâce à ces outils, 306 variétés élites ont été analysées. « Ces variétés sont déjà avancées dans les programmes de sélection, partage Sébastien Faure, responsable des programmes de recherche colza pour Innolea. Par conséquent, elles pourraient rapidement déboucher sur des solutions concrètes. » D’ores et déjà, 14 d’entre elles présentent un bon comportement vis-à-vis des altises.

« D’ici à trois ans, on estime pouvoir, pour certaines, aboutir à une commercialisation », ajoute-t-il. Toutefois, il précise que ces solutions restent partielles et doivent être considérées comme une première étape. « La résistance variétale ne peut pas, à elle seule, sécuriser la culture. Ces variétés devront être utilisées en combinaison avec d’autres leviers agronomiques et du biocontrôle par exemple. »

Les espèces apparentées au colza offrent-elles de nouvelles pistes ?

En parallèle des solutions à court terme, les chercheurs explorent des sources de résistance chez des espèces apparentées au colza, comme le chou ou la navette. Ainsi, les travaux ont distingué des lignées de choux présentant un bon comportement face aux attaques d’altises. À l’été 2025, les équipes ont obtenu des lots de semences hybrides, issues de croisement entre le chou et le colza. « . L’objectif sera de transférer progressivement les gènes d’intérêt dans les variétés de colza cultivées », souligne Sébastien Faure. 

Un gène de résistance a-t-il été identifié ?

Les analyses génétiques ont mis en évidence une région génomique associée à la tolérance chez le chou, Brassica oleracea. Cette région influence le comportement des plantes face au ravageur, sans l’expliquer à elle seule. Cette découverte valide l’existence de déterminants génétiques impliqués dans la tolérance aux altises dans des populations de choux.

Quelle est la suite du projet RESALT ? 

Les prochaines étapes porteront sur l’identification des meilleures sources génétiques et sur la compréhension des mécanismes de résistance associés. Par ailleurs, les essais conduits en conditions contrôlées ont apporté des résultats plus nuancés que ceux observés au champ. Ce contraste rappelle le poids des conditions environnementales. Il confirme aussi la nécessité de multiplier les sites d’essai pour sécuriser l’interprétation des données.

 

RESALT, un axe de recherche du Plan de sortie du phosmet

RESALT est l’un des projets soutenus dans le cadre du Plan de sortie du Phosmet. Ce Plan combine une dotation de 2,5 millions d’euros du ministère de l’Agriculture via le Casdar, la participation financière des firmes et des semenciers engagés dans les projets, ainsi que l’appui de la filière des oléoprotéagineux. Pour cette dernière, l’effort dépasse 1 million d’euros, soit 650 k€ provenant du FASO et 400 k€ du dispositif Seleopro.

 

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