Numérique et agriculture : Sofiprotéol lance la 4e édition de son appel à projets
Innovation
FASO
06 juillet 2026
Le programme Navig a construit une base scientifique inédite sur les caractères génétiques de vigueur du colza à l’implantation. Retour sur sa genèse, les axes de recherche et les résultats obtenus avec deux partenaires académiques du projet.
Achevé en 2025, le programme Navig a d’abord produit des connaissances académiques. Il est né d’un besoin exprimé sur le terrain, autant par les agriculteurs, les instituts techniques que les semenciers. Pourquoi une graine germe-t-elle bien ? Pourquoi la couverture du sol est-t-elle homogène avec une variété et pas avec une autre ?
Systématiquement, des processus ou traits génétiques entrent en jeu pour obtenir une bonne implantation du colza. Alors, comment les caractériser pour ensuite les intégrer dans les programmes de sélection variétale ?
Aussi, en 2021, Promosol – devenu depuis Seleopro, dispositif dédié à la recherche variétale oléagineuse, annonçait le financement du projet Navig dans le cadre de son appel à projets. Le dossier a exclusivement mobilisé des partenaires académiques :
L’IGEPP disposait déjà d’une solide expertise pour identifier les leviers génétiques et génomiques mobilisables face aux stress abiotiques. Les stress alors étudiés sont surtout liés à l’accès à l’eau et à l’azote. De son côté, Nathalie Nesi, chercheuse en génomique fonctionnelle et directrice de l’Institut de Génétique, Environnement et Protection des Plantes (IGEPP) a travaillé sur la graine de colza.
« En croisant ces compétences avec la demande de mieux comprendre le début de cycle du colza, nous avons pu proposer le projet Navig à la filière », raconte Anne Laperche, professeure à l’institut Agro Rennes-Angers et directrice adjointe de l’UMR IGEPP.
Dès le lancement, un premier défi apparaît : définir précisément ce qu’est une implantation réussie. Le terme est largement utilisé mais les paramètres qui le qualifient restent flous. « Fallait-il alors se référer à la germination, à la levée, ou au stade où le colza atteint une, deux ou quatre feuilles ? Finalement, à quel moment la réussite devient-elle réellement critique ? », questionne Anne Laperche. En fait, tous ces critères s’imbriquent. « Une graine qui germe correctement, s’installe durablement. Le couvert se met alors en place de manière homogène dès les premiers stades de développement », complète-telle. Le bénéfice se voit aussi vis-à-vis des bioagresseurs. « Comme, la culture occupe plus rapidement l’espace disponible, elle concurrence les adventices », ajoute Nathalie Nesi.
Cependant, cette question de recherche conduit rapidement à une seconde ! Que faut-il mesurer et comment ? Les partenaires s’attachent alors à identifier des critères communs et à définir les méthodes d’évaluation. L’enjeu est double : ces indicateurs doivent être fiables et comparables entre les variétés.
Sur le plan scientifique, les travaux se concentrent sur la compréhension des mécanismes biologiques qui conditionnent l’implantation. Il s’agit notamment d’identifier les processus qui permettent à une graine de bien germer, de s’installer durablement et de produire un couvert homogène. Ces recherches visent à caractériser les traits impliqués et à mieux comprendre leur fonctionnement.
En parallèle, le projet explore la dimension génétique de ces phénomènes. Les équipes s’interrogent sur l’existence de gènes capables de contrôler la vigueur d’implantation et sur la complexité de ce déterminisme. Ces caractères reposent-ils sur un nombre limité de gènes ou sur une pluralité ?
Enfin, les travaux intègrent une dimension opérationnelle : la prédiction de la performance variétale. Même lorsque les mécanismes ne sont pas entièrement élucidés, il devient nécessaire de disposer d’outils capables d’estimer la vigueur d’une future variété.
Ces connaissances constituent désormais un socle pour orienter les travaux de sélection. Elles s’adressent en priorité aux partenaires de Séléopro.
Ainsi, Navig apporte :
« Les travaux sur la vigueur du colza à l’implantation se poursuivent pour tester la stabilité des résultats dans différents environnements, notamment sous stress hydrique et face aux bioagresseurs », conclut Nathalie Nesi.