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Innovation
FASO
09 avril 2026

Cultiver le modèle du plan de sortie du phosmet

L’année 2026 marque un tournant. Elle clôt le plan de sortie du phosmet, avec des résultats pour gérer les altises du colza présentés le 24 mars à Paris, et ouvre une nouvelle phase de recherche. Sofiprotéol annonce déjà un appel à projets en avril.

Force de frappe inédite de la recherche publique et privée, le plan de sortie du phosmet a généré en trois ans des connaissances sur les ravageurs d’automne du colza et des solutions prometteuses. Il valide également des pratiques déjà opérationnelles. Ce succès tient d’une mobilisation collective de la recherche publique et privée ainsi que des acteurs du développement dans 11 projets.


Quel est le principal enseignement du plan de sortie du phosmet ?

Rapidement, le plan de sortie du Phosmet est devenu bien plus qu’un programme de recherche. Il est à l’origine d’une nouvelle méthode de travail où les projets sont définis collectivement en amont. Il se démarque aussi par son envergure et la diversité des contributeurs. En témoigne, l’organisation sur le terrain avec 114 acteurs impliqués. Ils proviennent de la recherche, du développement, du conseil, de la distribution agricole, de groupement d’agriculteurs… Ainsi, ils ont mené 420 essais sur plus de 50 territoires et 34 plateformes de démonstration.

Les essais portaient notamment sur le biocontrôle, les biostimulants, les variétés, les plantes de services, les auxiliaires ou encore la fertilisation en début de cycle. En avançant de front sur ces thématiques, ce plan a livré des résultats tangibles. En parallèle, des pistes ont été fermées, fautes de preuve d’efficacité. « On peut être fiers de ce qu’on a fait. On a coché toutes les cases, puisque nous avons généré de la connaissance et des résultats. Et cela se traduit sur le terrain aujourd’hui », souligne Laurent Rosso, directeur de Terres Inovia.

Un tel savoir-faire inspire et mérite que tous les acteurs capitalisent davantage dessus. Au point que Gilles Robillard, président de Terres Inovia, formule le vœu de voir la même dynamique se créer autour d’un enjeu majeur : le changement climatique.

En quoi le modèle de financement du plan de sortie du phosmet est-il innovant ?  

Le modèle de co-financement public-privé constitue l’autre signature du plan de sortie du phosmet. L’enveloppe est de 6 millions d’euros. Elle se répartit entre une dotation de 2,5 millions d’euros du ministère de l’Agriculture via le Casdar, l’autofinancement des firmes et semenciers dans les projets, ainsi que la contribution de la filière des oléoprotéagineux. Dans ce dernier cas, entre l’enveloppe du FASO (650 k€) et le dispositif Seleopro (400 k€), l’investissement dépasse 1 M€.

Xavier Dorchies, directeur général délégué de Sofiprotéol a insisté sur cet aspect lors de la table ronde introductive au colloque. « L’innovation ne se décrète pas. Elle se construit dans la durée, grâce à un investissement collectif. » C’est pourquoi Sofiprotéol soutient financièrement l’innovation dans la filière oléoprotéagineuse de 3 manières ; « D’abord, l’investissement direct sous forme de capital pris dans des entreprises innovantes de la filière. Ainsi, Sofiprotéol est actionnaire des principaux semenciers français et d’entreprises du secteur du biocontrôle et de la biostimulation. Ensuite, le financement indirect s’adresse aux start-ups. Sofiprotéol confie alors des moyens à des fonds spécialisés comme CapAgro qui eux-mêmes vont investir dans des start-ups innovantes. Enfin, un soutien direct à des projets de recherche, d’innovation ou de prospective s’effectue grâce au FASO. » Sofiprotéol mobilise ce fonds interprofessionnel pour accompagner des projets stratégiques et préparer l’avenir des filières.

À la lumière des résultats, quelle est la suite du plan de sortie du phosmet ?

Le premier enjeu consiste désormais à transférer les connaissances acquises sur le terrain (voir encadré). Mais la sévérité des attaques de larves d’altises observées en janvier 2026 rappelle une évidence : la transition reste fragile.

« Pour Sofiprotéol, le plan de sortie du phosmet est un modèle collaboratif que nous devons continuer à décliner sur d’autres problématiques, en animation et financement de projets », indique Xavier Dorchies. Aussi, Sofiprotéol lance un nouvel appel à projets en avril 2026 : « Il est doté d’une enveloppe de 300 000 euros, afin de poursuivre le développement de solutions de biocontrôle et prolonger la dynamique engagée », complète Xavier Dorchies.

La recherche doit également se poursuivre en se focalisant sur les pistes prometteuses retenues en trois ans d’essais. Par exemple, des sources de résistance génétique sont identifiées chez des espèces apparentées au colza, notamment chez le chou. De plus, la mise au point de l’élevage d’altises en laboratoire constitue une avancée décisive. Elle permet de mieux comprendre le ravageur et tester de nouvelles solutions.

Plusieurs travaux du plan rejoignent donc le dispositif Parsada.

  • Metaserv se consacre aux plantes de service.
  • Ardeco rassemble les thèmes liés à l’écologie chimique.
  • Altifast cible la lutte contre l’altise du colza.
  • Coleofast concerne la lutte contre le charançon du bourgeon terminal.
  • Asap surveille la résistance des insectes aux méthodes de lutte.

Parallèlement, des programmes de la recherche privée en biocontrôle se poursuivent. Il s’agit notamment de l’usage d’extraits de brassicacées qui perturbent l’alimentation des insectes ou de stratégies combinant un biocontrôle à un outil d’aide à la décision pour intervenir au moment optimal.

 

 

Xavier Dorchies, directeur délégué de Sofiprotéol : « Le retrait du phosmet représentait un risque majeur pour la compétitivité et l’attractivité de la culture du colza. Au-delà de la culture elle-même, c’est toute une filière qui était impactée. Le colza, tête d’assolement incontournable dans de nombreuses régions est aussi aujourd’hui au cœur d’un ensemble de débouchés industriels essentiels à l’économie française. »

 

 

Lors du colloque de restitution du plan de sortie du phosmet, les quatre structures pilotes – le ministère de l’Agriculture, Inrae, Terres Inovia et Sofiprotéol – reviennent sur le caractère inédit et exemplaire de ce programme collectif.

Bilan positif pour le Plan de sortie du phosmet

L’ensemble de la captation vidéo du colloque du 24 mars est disponible ici: (https://www.youtube.com/watch?v=8D6X944TJf4)

 

Les leviers d’action déjà efficaces contre les ravageurs du colza déployés

La démarche Colza robuste confirme son efficacité. Elle combine plusieurs leviers agronomiques : choix variétal adapté, association avec des légumineuses et implantation précoce avec un bon enracinement. Le dispositif s’appuie aussi sur un réseau d’une centaine de conseillers formés.

L’apport d’azote à l’automne favorable à la croissance dynamique du colza a été rendu possible sous conditions dans la plupart des régions.
En complément, les intercultures pièges (chou chinois, navette) détournent une partie des adultes d’altises du colza et réduisent la pression sur la culture.

Enfin, un critère de « bon comportement vis-à-vis des ravageurs » est désormais pris en compte dans le classement des variétés de colza.

Plus d’informations ici :

https://www.terresinovia.fr/fr/institut/projets/adaptacol2

https://www.terresinovia.fr/fr/institut/projets/plan-de-sortie-du-phosmet

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