Comment le tourteau de soja origine France peut-il tirer son épingle du jeu à horizon 2032 ?
Etudes
FASO
10 mars 2026
Agir ensemble pour protéger les surfaces de colza face à la pression des ravageurs d’automne. L’ampleur de ce défi pour préserver la compétitivité du colza a nécessité une mobilisation sans précédent pour rechercher des stratégies de gestion des ravageurs à travers le Plan de sortie du phosmet (2022-2025). Ce Plan, animé par Terres Inovia, INRAE et Sofiprotéol, a rassemblé 26 acteurs de la recherche et du développement, publics et privés.
Les grands enseignements du Plan de sortie du phosmet ont été présentés lors d’un colloque final le 24 mars à Paris. Au-delà de la dynamique collective initiée par ces premiers travaux, le Plan a permis d’identifier plusieurs leviers d’actions qui seront autant de nouvelles ressources pour préserver les futures récoltes de colza, sécuriser la marge des agriculteurs et, plus largement, la souveraineté protéique française.
Doté de 6 millions d’euros, le Plan de sortie du phosmet est principalement financé par les fonds Casdar du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, par Terres Inovia et Sofiprotéol avec les cotisations interprofessionnelles (CVO) de la filière des huiles et protéines végétales, par INRAE, et par les contributions des firmes et des semenciers.
Les 11 projets de recherche du Plan de sortie du phosmet, portés par des acteurs de la recherche et du développement agricole, ont permis de développer des connaissances et des leviers complémentaires. L’objectif commun était de produire et de déployer des stratégies alternatives efficaces, durables et opérationnelles pour réduire l’impact des ravageurs d’automne du colza. Cette stratégie collective s’est appuyée sur l’amélioration de la connaissance des ravageurs et des auxiliaires, sur l’identification de solutions à l’échelle de la plante ou à l’échelle de la parcelle et du paysage, mais aussi sur le transfert des solutions identifiées auprès des agriculteurs.
Quatre leviers d’action efficaces contre les ravageurs du colza ont été déployés :
Les acteurs de la distribution, du conseil et de l’enseignement agricole ont été largement mobilisés, au travers de comités régionaux animés par Terres Inovia, pour capitaliser sur les références acquises sur le terrain, et mettre en œuvre les leviers éprouvés auprès des agriculteurs.
L’action collective a permis également d’objectiver l’absence d’efficacité de différentes pistes. Ainsi, les tests réalisés avec une sélection de mélanges interspécifiques et variétaux n’ont pas indiqué de plus-value vis-à-vis des ravageurs d’automne par rapport à la variété d’intérêt de colza implantée seule. De même, les premières expérimentations sur six biostimulants n’ont pas été concluantes. Certaines pistes de biocontrôle ont aussi été clôturées.
Le Plan de sortie du phosmet a également mis en évidence l’intérêt de nouveaux leviers dont la mise au point se poursuivra dans le cadre de futurs programmes de recherche :
Des composés issus de brassicacées aux propriétés attractives et dissuasives vis-à-vis de l’altise ont été identifiés et jugés prometteurs. Leur formulation doit encore être optimisée et évaluée sur le terrain. La caractérisation de récepteurs-olfactifs clés de la grosse altise devrait également démultiplier les capacités d’identification de nouveaux actifs utilisables en biocontrôle.
A court terme, des génotypes-élites à bons comportements vis-à-vis des ravageurs ouvrent la voie à de nouvelles variétés sur ce critère. A plus long terme, des résistances partielles identifiées parmi les espèces parentales du colza permettront de créer des variétés à meilleur comportement.
Les avancées obtenues dans le cadre du Plan de sortie du phosmet constituent des éléments précieux pour la poursuite des activités de recherche au service de la compétitivité du colza. La recherche de stratégies de gestion des ravageurs du colza continue, tout d’abord au sein du Parsada, le Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures. Sofiprotéol, à travers le Fonds d’Actions Stratégiques des Oléagineux et des Protéagineux (FASO), lancera également en 2026 un appel à projets dédié au biocontrôle.
Le Plan de sortie du phosmet, c’est notamment 330 parcelles avec un suivi des ravageurs d’automne, 420 essais pour évaluer les leviers agronomiques, 50 territoires pour tester la stratégie de détournement des grosses altises grâce aux intercultures pièges, 109 conseillers formés à la démarche colza robuste et 34 plateformes de démonstration pour promouvoir les combinaisons de leviers agronomiques.
L’effort collectif sans précédent autour de ce Plan aura non seulement permis d’agir vite pour produire des références, mais aussi d’accentuer très fortement en trois ans la capacité de transfert des connaissances. Le Plan de sortie du phosmet a ainsi contribué à renforcer la confiance des agriculteurs dans la culture de colza, et le développement des surfaces de colza, à hauteur de 1,3 million d’hectares en 2025 avec une croissance marquée dans certaines régions les plus touchées par les réductions de productions (980 000 hectares en 2022).
Terres Inovia est l’institut technique de recherche et d’innovation pour les oléagineux, les légumineuses à graines et le chanvre. Il accompagne les agriculteurs et les filières dans l’amélioration de la souveraineté en huile et en protéines végétales, la transition agroécologique compétitive, l’adaptation au changement climatique et leur prise de décision.
Doté d’un budget annuel de 21 millions d’euros, majoritairement financé par les cotisations interprofessionnelles (CVO) de la filière des huiles et protéines végétales, Terres Inovia rassemble un collectif de 200 collaborateurs répartis sur 19 sites et engagés dans 100 projets collaboratifs de R&D.
Terres Inovia est labellisé « Engagé RSE » selon la norme ISO 26 000. www.terresinovia.fr
INRAE, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, est un acteur majeur de la recherche et de l’innovation. L’institut rassemble une communauté de plus de 10 000 personnes, dont 8 000 personnels permanents et plus de 2 500 contractuels financés sur projet chaque année, avec plus de 270 unités de recherche, de service et d’expérimentation implantées dans 18 centres sur toute la France.
Institut de recherche finalisée, il se positionne parmi les tout premiers organismes de recherche au monde en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal, et en écologie-environnement. Il est le premier organisme de recherche mondial spécialisé sur l’ensemble « agriculture-alimentation-environnement ». INRAE a pour ambition d’être un acteur clé des transitions nécessaires pour répondre aux grands enjeux mondiaux.
Face à l’augmentation de la population et au défi de la sécurité alimentaire, au dérèglement climatique, à la raréfaction des ressources et au déclin de la biodiversité, l’institut joue un rôle majeur pour construire des solutions durables avec ses partenaires de la recherche et du développement et ainsi aider les agriculteurs et tous les acteurs des secteurs alimentaires et forestiers à réussir ces transitions.
Créée en 1983 à l’initiative du monde agricole, Sofiprotéol, société de financement et de développement d’Avril, s’engage auprès des entreprises des secteurs agricoles et agroalimentaire. Au service des transitions alimentaires et environnementales, Sofiprotéol, partenaire durable, accompagne sur le long terme les entreprises de la filière afin notamment de consolider leurs fonds propres lors d’opérations de développement ou d’investissements visant à accroître leur compétitivité.
Du crédit aux fonds propres, les solutions de financement proposées par Sofiprotéol sont fondées sur une approche industrielle et entrepreneuriale, et accompagnent le développement et l’innovation à tous les stades des filières : de l’amont des productions agricoles (semences, génétique, agrofournitures, etc.) à l’aval (secteurs agro‑industriel et agroalimentaire), en passant par les organismes collecteurs et la première transformation.
Sofiprotéol soutient également les entreprises et leurs partenaires académiques qui mènent des projets d’innovation collaboratifs comportant des travaux de recherche industriels ou de développement expérimental. Ces actions d’innovation ou de prospective sont financées au travers du Fonds d’Actions Stratégiques des Oléagineux et des Protéagineux (FASO), géré par Sofiprotéol, et financé par les cotisations interprofessionnelles (CVO) de la filière des huiles et protéines végétales. www.sofiproteol.com
Pour Terres Inovia : Cécilia Derrien – 07 86 08 76 74 – presse@terresinovia.fr
Pour Sofiprotéol : Anne-Laure Daulier – 07 87 86 67 40 – anne-laure.daulier@avril.com
Pour INRAE : Service Médias et opinion – 01 42 75 91 86 – presse@inrae.fr