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Innovation
FASO
19 février 2026
Dans un marché qui se restructure progressivement autour d’un nouveau standard “non-déforestant”, le tourteau de soja français peut-il maintenir son avantage grâce à son caractère non-OGM et origine locale ? Réponse dans la synthèse d’une étude prospective pilotée par Sofiprotéol.
La cellule Études économiques de Sofiprotéol dresse le portrait d’un marché du soja en recomposition. Les évolutions réglementaires, économiques et structurelles redéfinissent les équilibres de l’offre et de la demande française en tourteaux de soja à moyen terme.
Le Règlement déforestation de l’Union européenne (RDUE) constitue un premier facteur structurant. Après deux reports, son entrée en vigueur est finalement attendue pour fin 2026. Il fera définitivement évoluer le standard de marché vers des tourteaux de soja 100 % non-déforestants en France et en Europe. Ce texte implique un renchérissant lié à la traçabilité.
Á horizon cinq à dix ans, la demande nationale en tourteaux, toutes origines confondues, reculera sous l’effet de la reconfiguration des cheptels. Les effectifs bovins et porcins diminueront. A contrario, les filières volailles poursuivront leur développement, sans toutefois compenser entièrement la baisse globale de la demande en tourteau. Ainsi, les ventes directes vers les élevages seront les plus affectées, alors que les flux via les fabricants d’aliments résisteront davantage.
Par ailleurs, l’étude confirme que l’allégation non-OGM perd son attractivité auprès des consommateurs. Ses dernières années, cela a poussé certains cahiers des charges à ne plus miser sur cette différenciation. Toutefois, un socle solide de besoin en tourteaux non-OGM demeurera encore dans certaines filières à forte valeur ajoutée.
Malgré tout, dans ce contexte mouvant, le tourteau de soja origine France conserve des leviers de différenciation. S’il ne couvre aujourd’hui qu’une part limitée des besoins nationaux, il se positionne fortement sur des cahiers des charges exigeants. Cette demande concerne notamment les filières volailles de chair et laitières à valeur ajoutée. De plus, la production nationale de tourteau va progresser de 17 % dans les prochaines années. Le développement des outils de trituration soutient cette dynamique. Laquelle pourrait même s’amplifier en raison d’une meilleure saturation des outils de trituration. Ainsi, le tourteau français pourrait gagner des parts de marché face au soja non-OGM importé.
Pour aller plus loin : Prospective d’évolution de la demande française en tourteau de soja à horizon 5/10 ans (https://www.terresunivia.fr/fichiers/publications/pointeco-2026-03-demande-prospective-en-tourteau-de-soja-a-horizon-2032.pdf )
L’avis de Manon Sailley, Responsable des études économiques, Sofiprotéol
« De bonnes perspectives pour le soja français à condition de rester vigilants »
Pour réaliser cette étude, nous avons fait appel au Céréopa. Les hypothèses modélisées pour les scénarios prospectifs ont été élaborées en sondant la vision de 30 entreprises. Elles appartiennent en grande partie à l’écosystème de partenaires de Sofiprotéol. Ainsi, l’étude reflète bien ce que les industriels pressentent sur l’évolution des marchés tout au long de la chaîne de valeur.
Nous sommes bien à une période charnière. L’allégation non-OGM est challengée mais pas obsolète. À terme, l’origine France du soja pourrait même représenter une part plus significative du tourteau non-OGM consommé, en lien avec une qualité reconnue et une logique partenariale entre les maillons de la filière. Sécuriser un débouché rémunérateur du tourteau de soja français est indispensable pour que les agriculteurs cultivent du soja en France. En renchérissant le soja importé, le RDUE ouvrirait ponctuellement une fenêtre pour mieux valoriser le soja local. Mais, restons vigilant collectivement sur la compétitivité de notre filière à l’amont comme à l’aval.