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19 février 2026

Carrefour Tournesol Séléopro: 11 projets stratégiques pour la sélection variétale

Face au changement climatique et aux maladies, la recherche variétale sur le tournesol accélère. Au Carrefour Tournesol Séléopro, les chercheurs dévoilent leurs travaux pour sécuriser le rendement et la qualité des graines.

 

« Vous formez une communauté vive et déterminée. » C’est en ces termes que Gilles Robillard, président de Terres Inovia  et du comité des financeurs de Séleopro, ouvrait la journée du 10 février le 36e Carrefour tournesol. Il s’adresse alors à plus de cent experts engagés pour l’avenir de la culture !

 

Chaque début d’année, chercheurs académiques et sélectionneurs privés se retrouvent, à proximité de Toulouse. Ce rendez-vous scientifique met notamment en lumière les projets financés par Séléopro et tout juste terminés. Quant aux équipes qui démarrent ou sont à mi-parcours de leurs travaux, elles partagent également leurs observations ou premières conclusions. Tous ces programmes reposent sur des partenariats solides. Ils s’articulent autour de quatre priorités : l’adaptation au changement climatique, l’évolution des itinéraires culturaux, la gestion des bioagresseurs et l’amélioration de la qualité des graines.

Climat : sécuriser la germination et élargir la sole

Ainsi, le projet Tempo, issu de l’appel à projets Séléopro 2024, a démarré l’année dernière. Il cible la vigueur germinative en conditions froides ou en cas de déficit d’oxygène dans le sol. L’objectif est de sécuriser l’implantation pour étendre la sole vers le nord et avancer les dates de semis. Les sélectionneurs cherchent ainsi à éviter les fortes chaleurs lors du remplissage des grains.

Clôturé fin 2025, le programme Heliawild s’inscrit dans une dynamique plus large d’exploration du potentiel génétique. Il identifie 280 traits d’intérêt chez des lignées sauvages nord-américaines. Les équipes mettent en évidence un réservoir génétique majeur pour l’adaptation climatique. Elles engagent désormais une nouvelle étape : rétrocéder ces gènes dans les lignées cultivées. Séléopro assure donc la continuité en finançant le projet Varihel, lauréat 2025. Il se déroule jusqu’en 2028.

Maladies : anticiper l’évolution des pathogènes

Parallèlement, le changement climatique accentue la pression des maladies. L’augmentation des pluies et des épisodes de chaleur favorise leur progression. Le mildiou dépasse désormais son bassin historique et remonte vers le nord-est. Des variétés résistantes à neuf races sont déjà accessibles mais le pathogène évolue rapidement. La première souche identifiée date de 1966 ; on en recense aujourd’hui 24, et elles sont certainement bien plus nombreuses.

Pour répondre à cette problématique, le programme MiecMak, retenu en 2024, se déploie de 2025 à 2028. Dans ce cadre, les équipes recherchent de nouveaux gènes et allèles de résistance. Elles analysent également les isolats contournant afin de renforcer la robustesse des variétés.

La communauté scientifique s’interroge également sur le développement du macrophomina phaseolina, pour lequel les connaissances restent limitées. Conséquence, Primasol, lauréat de l’appel à projets Séléopro 2025, concentre ses travaux sur la biologie de ce champignon émergent.

Qualité des graines et performance variétale

Enfin, le programme Protour, aujourd’hui finalisé, vise l’amélioration de la teneur en protéines et de l’aptitude au décorticage. Les équipes disposent maintenant d’outils de sélection performants. Ainsi, elles peuvent approfondir l’étude de la variabilité génétique du tournesol pour ceux deux critères.

Systématiquement, au fil des présentations, une constante : la force du collectif. Cette approche partenariale renforce l’efficacité scientifique des projets. Gilles Robillard rappelle la nécessité de maintenir une sélection variétale publique et privée forte en France. Les producteurs l’attendent. Dans cette continuité, Séléopro reconduit les quatre priorités de recherche pour son appel à projets 2026. Lancé le 12 février, il se clôture le 11 mai.

Pour en savoir plus sur l’appel à projet Séléopro 2026 : AAP SELEOPRO 2026

 

Gilles Robillard, président du comité des financeurs de Séléopro   

« Nous avons besoin du tournesol dans nos assolements »

Même si en 2025 les rendements se situent en dessous de la moyenne quinquennale, Gilles Robillard, président du comité des financeurs de Séléopro, n’exclut pas une hausse des surfaces en 2026. Le contexte réglementaire du marché de l’azote renforce l’attrait pour le tournesol. En effet, les taxes aux frontières laissent présager des prix élevés pour ces engrais minéraux. Dans ces conditions, le tournesol, économe en azote et souvent implanté en zones intermédiaires à faible rentabilité, valorise mieux la réserve en eau. Bien implanté et grâce à un système racinaire en pivot, il supporte davantage les contraintes hydriques. Alors, avec des trésoreries tendues, un report du maïs vers le tournesol reste possible.

Toutefois, afin de sécuriser cette dynamique, les producteurs demandent des variétés capables de faire face à tous les stress : ravageurs, champignons, stress hydrique, accidents climatiques? Et qui présentent aussi une bonne vigueur de départ.

 

Le 9 février, Séléopro, accompagné du Geves animaient trois ateliers sur l’impact des stress biotique et climatique sur le tournesol afin d’affiner les critères d’évaluation des variétés.

 

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