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Innovation
FASO
11 juin 2026

Légumineuses : le numérique pour mieux les insérer dans la rotation et réduire l’azote

Comment adapter les rotations pour gagner en autonomie azotée ? Un module de l’OAD Assolia, soutenu par Sofiprotéol, optimise l’intégration des légumineuses pour économiser jusqu’à 10 unités d’azote/ha/an. Un double gain agronomique et économique !

Face à la hausse du prix des engrais azotés, l’intégration des légumineuses dans les rotations devient un enjeu économique majeur. Les agriculteurs connaissent bien la capacité de ces plantes à restituer de l’azote au sol pour la culture suivante. Mais, pour en tirer le maximum de bénéfices, encore faut-il choisir les bonnes espèces et surtout les positionner au bon endroit dans la rotation !

Cette réflexion, longtemps conduite de manière empirique, devient aujourd’hui plus précise et pertinente grâce au numérique.

Un module numérique développé par Assolia avec le soutien de Sofiprotéol

Entre 2023 et 2024, la start-up toulousaine Assolia a développé un algorithme spécifiquement dédié à cet objectif. Le module intègre l’outil d’aide à la décision du même nom qui permet de raisonner les assolements.

Financé par Sofiprotéol avec le FASO, ce projet a également bénéficié de l’appui de la coopérative Arterris (10) et de Terres Inovia.

« L’idée est d’avoir un outil qui aide les agriculteurs à ajuster leur assolement en intégrant l’effet azote des légumineuses sur les cultures suivantes », explique Pierre Albouy, co-gérant d’Assolia.

Concrètement, le module caractérise les besoins en azote de chaque culture et les restitutions des légumineuses. Ces espèces constituent alors soit la culture principale soit un couvert végétal d’interculture. À partir de ces données, l’OAD convertit les flux d’azote en équivalent économique afin d’objectiver les choix d’assolement.

Les références utilisées pour construire l’algorithme reposent sur une expertise terrain. Arterris a défini les besoins et mobiliser des exploitations pour les tests. De son côté, Terres Inovia a validé la pertinence des références, y compris pour des rotations situées hors de l’Occitanie.

Des résultats mesurables sur l’assolement et l’azote

Aujourd’hui, Assolia intègre ce module dans son offre globale de pilotage des rotations. Les résultats observés révèlent une augmentation moyenne de 25,5 % de l’intégration des légumineuses, en cultures principales comme en intercultures, dans les préconisations d’assolement de son application.

Ainsi, cette réorientation de l’assolement sur trois à sept ans se traduit par une baisse moyenne de 10 unités d’azote par hectare et par an.

Le module améliore également le positionnement des cultures dans la rotation. « Il permet de pérenniser la rentabilité de cultures comme le pois chiche ou le soja tout en réduisant la consommation d’azote », souligne Pierre Albouy. Selon Arterris, les essais montrent une sole comportant davantage de légumineuses, mieux réparties dans le temps.

Désormais, les couverts végétaux composés de légumineuses concernent 24,5 % de la SAU des exploitations engagées dans le programme. L’algorithme propose les espèces lorsqu’un avantage global est identifié, même si leur valeur ajoutée immédiate peut sembler plus faible. Toutefois, l’agriculteur conserve la maîtrise des décisions et peut ajuster les recommandations selon ses contraintes.

Au-delà de l’azote, un bénéfice agronomique global

Le rôle des légumineuses ne se limite pas à la seule économie d’engrais. Elles contribuent aussi à améliorer la structure du sol, à enrichir la biodiversité et à renforcer la résilience des systèmes de culture. Autant de bénéfices qui, à terme, dépassent largement la seule question de l’azote, Ils confortent la place de ces cultures dans les assolements.

 

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