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Etudes
FASO
11 décembre 2025

Résilience agricole à 2050 : l’ambition d’une agriculture durable et souveraine

Inédite, l’étude « Résilience agricole » menée par un consortium rassemblant Sofiprotéol avec le Crédit Agricole, InVivo, et Unigrains, identifie des trajectoires de résilience et de rentabilité pour la Ferme France face au changement climatique. 

D’ici à 2050, l’intensification des aléas climatiques laisse présager des risques plus importants pour les exploitations agricoles. Co-financée par Sofiprotéol (sur fonds FASO), l’étude « Résilience Agricole à horizon 2050 », conduite par le consortium, analyse l’adaptation des exploitations françaises au changement climatique. Sa particularité ? Elle croise à la fois les enjeux économiques, agronomiques, réglementaires et technologiques pour décrire les besoins réels de transition. Son analyse s’appuie sur 11 archétypes d’exploitations agricoles, répartis dans 9 territoires représentatifs de 52 % de la SAU.

Une étude qui enrichit une démarche prospective déjà engagée par Sofiprotéol

Cette étude représente une nouvelle brique d’une analyse prospective déjà engagée au sein de filière oléoprotéagineuse. Un premier volet modélisait l’impact du changement climatique sur les rendements en oléo-protéagineux en 2030 et 2050. Sofiprotéol l’a largement partagé avec ses partenaires semenciers, collecteurs ou transformateurs. Ces échanges ont mis en évidence la nécessité d’avoir une approche plus systémique à l’échelle des rotations, et d’intégrer une dimension économique au-delà de la seule dimension agronomique. Il nous est également apparu nécessaire de projeter des stratégies d’adaptation et de mesurer l’impact économique de leurs principaux leviers. C’est en partageant ces préoccupations et enjeux avec nos partenaires InVivo, Crédit Agricole et Unigrains qu’a germé l’idée commune de mener ce projet collectif prospectif qui découle directement de ce constat. L’analyse prospective publiée le 11 décembre chiffre les besoins d’investissement de manière graduelle pour protéger, voire développer, les revenus agricoles à horizon 2050 et les met en regard du coût de l’inaction, qui reste bien supérieur. Seules des combinaisons coordonnées de solutions agronomiques, technologiques, économiques et organisationnelles compenseront les pertes liées au climat.

 

L’étude Résilience agricole 2050 modélise des trajectoires de rentabilité selon plusieurs scénarios climatiques et économiques. Philippe Montigny

Des leviers collectifs et efficients déjà déployés

Pour la filière des oléoprotéagineux, plusieurs recommandations de l’étude correspondent à des leviers immédiatement opérationnels. Ainsi, l’introduction de nouvelles cultures dans l’assolement, notamment les légumineuses, apparaît comme une action déterminante. Sofiprotéol accompagne déjà le développement la filière soja française, soutenue en partenariat avec Sanders, qui en assure le débouché en alimentation animale, grâce aux outils de trituration spécifiques financés conjointement. C’est désormais sur la relance de la culture du pois protéagineux que portent nos efforts.

De même, l’étude confirme la valeur économique des nouvelles pratiques agricoles. Elles renforcent la performance environnementale des exploitations tout en améliorant la stabilité des revenus. Ce modèle existe déjà dans notre filière depuis 2019, d’abord à travers la plateforme OleoZe de Saipol pour les biocarburants. Désormais, il s’élargit aux huiles alimentaires, tourteaux et glycérine via le programme Empreinte by Saipol. Ainsi, il rémunère les graines issues de pratiques bas-carbone. Par ailleurs, Lesieur dispose d’une gamme « Huiles engagées » qui valorise l’organisation en filière. En complément, des initiatives au sein desquelles Avril s’est engagé, comme « Semons du sens » avec Soufflet Agriculture, ou « Vivescia Transition » confirment le nécessaire décloisonnement des approches filières pour accélérer la transition agricole.

D’autres initiatives, telles le partenariat de Sofiprotéol avec Terres Inovia et la Ferme Digitale accélère l’innovation numérique au service notamment de l’agriculture de précision.

Dans tous les cas, ces actions collectives prouvent qu’il existe des leviers concrets d’adaptation et de résilience qui doivent maintenant être déployés à plus grande échelle !

Toutefois, l’étude confirme le danger majeur de l’inaction. À long terme, elle coûterait plus cher que les investissements nécessaires à une transition organisée. Elle rappelle aussi que la réussite de ce changement exige un engagement collectif et un partage des coûts, des risques comme des bénéfices.

Pour Sofiprotéol et Avril, acteurs financier et industriel de la filière française des huiles et protéines végétales, cette étude complète et enrichit nos travaux prospectifs autour de la filière oléoprotéagineuse. Elle confirme l’importance des actions engagées et soutenues depuis plusieurs années, comme l’adoption de nouvelles pratiques agricoles et de cultures notamment les légumineuses, qui renforcent la résilience et allient performance écologique et économique pour les agriculteurs. L’enjeu est désormais de mobiliser l’ensemble des acteurs pour déployer ces leviers à grande échelle. Cette étude guidera également nos futurs investissements financiers et industriels, car la transition agricole nécessite un effort collectif dont les bénéfices seront partagés : protéger la rentabilité des exploitations françaises, c’est reconquérir notre souveraineté alimentaire.

Xavier Dorchies, directeur général de Sofiprotéol

Pour en savoir plus: 

Étude « Résilience Agricole » : Enseignements clés

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