Carbon Eval AI facilite l’identification des fermes bas carbone
Innovation
FASO
27 février 2025
Trois projets lauréats dédiés au numérique agricole sont financés par Sofiprotéol grâce aux cotisations interprofessionnelles (CVO) de la filière des huiles et protéines végétales. Objectifs : optimiser les rotations, activer la vie des sols et piloter la performance carbone.
Lors du Salon international de l’agriculture, Sofiprotéol a annoncé sur le stand de La Ferme Digitale, les trois lauréats de son appel à projets financé par les cotisations interprofessionnelles (CVO) de la filière des huiles et protéines végétales.
Ce dispositif accompagne la transition agroécologique des oléoprotéagineux en s’appuyant sur des solutions digitales. Lancé en octobre 2024, il cible trois priorités : adapter les cultures au changement climatique, décarboner les pratiques agricoles et réduire l’usage des intrants chimiques.
« Ce soutien de Sofiprotéol à des projets axés sur le numérique s’inscrit naturellement dans notre stratégie en faveur de l’innovation, souligne Antoine Daulton, directeur Innovation et Filières de Sofiprotéol. En tant qu’architecte de filières, nous privilégions des approches collaboratives, proches du terrain et créatrices de valeur pour les agriculteurs. »
Effectivement, l’attente est forte de la part des producteurs pour gagner du temps et de la précision dans la conduite des cultures. Grâce aux données et aux outils, Jean-René Menier, agriculteur dans le Morbihan, espère « affiner les pratiques et améliorer leur traçabilité, devenue indispensable pour les filières ».
D’ores et déjà, avec les trois projets lauréats, il entrevoit la possibilité de mieux suivre la santé des sols, d’optimiser les rotations, d’optimiser l’usage des intrants et de valoriser le stockage de carbone. Cependant, il rappelle : « Tout cela demande du temps. On travaille pour demain, et même pour après-demain ! »

Deux partenaires clés accompagnent Sofiprotéol dans la sélection et le suivi des projets dans le digital. Ainsi, La Ferme Digitale, avec son réseau de plus de 200 start-up, voit dans ce dispositif : « un cadre concret pour confronter les idées et croiser les expertises », souligne Romain Faroux, son directeur opérationnel.
« L’enjeu est de faire se rencontrer la recherche et les besoins du marché pour créer des solutions vraiment utiles, complète-t-il. Le numérique joue ce rôle de passerelle. »
De son côté, Terres Inovia apporte son savoir-faire agronomique. « Nous contribuons au développement des outils numériques grâce à nos modèles et nos connaissances éprouvées », précise Afsaneh Lellahi, directrice adjointe. Terres Inovia intervient alors à chaque étape : priorisation, sélection et accompagnement des projets.
Particularité commune aux trois lauréats ? Ils testent leurs solutions sur le terrain avec les coopératives, les chambres d’agriculture et les agriculteurs eux-mêmes. Cette approche collective facilite le transfert entre la recherche, le conseil et la pratique. Elle accélère le déploiement d’innovations utiles et durables.
L’ensemble des projets démarre dès le printemps 2025.
Ce projet digital affine la gestion des assolements, optimise les rotations sur 3 à 7 ans. Dans ce cas, il tient compte des contraintes techniques et économiques de chaque exploitation agricole.

Par conséquent, il améliore les itinéraires techniques, au service d’une meilleure performance agronomique et environnementale avec moins d’intrants. En particulier, il optimise l’insertion des oléo-protéagineux afin d’accroitre la durabilité des systèmes agricole.
L’outil assure également la traçabilité des pratiques en lien avec les exigences des cahiers des charges.

Grâce à l’intelligence artificielle et la modélisation bio-informatique, cet outil d’aide à la décision propose un référentiel inédit sur la microbiologie fonctionnelle des sols. Objectif : activer les leviers agronomiques qui stimulent l’activité des microorganismes bénéfiques à la santé des plantes et à la fertilité des sols. Les interactions entre les variétés de colza et tournesol avec le microbiote fonctionnel du sol sont également explorées.
Cet outil accompagne les coopératives et les négociants dans l’identification des exploitations engagées dans des pratiques bas carbone. L’idée est de rendre visible ce que font déjà les agriculteurs et de leur donner des repères concrets pour progresser. Grâce à l’analyse des données technico-économiques et agronomiques, l’outil facilite la valorisation des démarches « climat » auprès des filières oléopro. En parallèle, il aide les conseillers et les producteurs à identifier les leviers de décarbonation pour mieux les piloter.

Camille JOUAN
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